Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

strictly niceness on line

timeless classics and discoveries,rarities and insanities in funk, soul and beyond

ARCHEOLOGIE DES ELITES HAÏTIENNES | 15 août 2005


Paru sur www.alterpresse.org

Archéologie des élites haïtiennes
Contre la pensée sclérosée d'une intelligentsia



Posté le mardi 9 août 2005





Par Guy-Robert Saint-Cyr

Soumis à AlterPresse le 3 août 2005

« Les intellectuels doivent étudier le passé, non pour
s'y complaire, mais pour y puiser des leçons, ou s'en
écarter en connaissance de cause. »
Cheikh Anta Diop

Les graves crises politiques et économiques qu'a connu la société haïtienne depuis bientôt vingt ans, les violences que subit le pays depuis déjà un an et les inévitables conséquences désastreuses qui en découlent, interpellent l'esprit de plusieurs observateurs avisés sur le rôle des élites en Haïti. Car il est inconcevable qu'un pays qui a généré autant de sommités et d'individualités dans maintes disciplines au niveau international puisse être rendu à un degré si bas et si pitoyable à l'échelle des nations, en tout cas selon la critériologie onusienne du sous-développement. Vue de l'extérieur, la République d'Haïti paraît toujours au bord de la faillite, toujours à l'article de la mort. Mais, appréhendée de l'intérieur, quel contraste ! On ne peut s'empêcher en toute objectivité d'être frappé par la sclérose de la pensée des élites haïtiennes, par leur refus d'une pensée cohérente et par l'absence d'un discours éclairé sur le progrès et le développement. Et, en cas de coup dur, comme lors des catastrophes naturelles ou des scènes de barbarie humaine, rien n'est prévu, hormis l'espoir d'une intervention étrangère, considérée du reste comme une fatalité historique.

Aux yeux de plusieurs amis étrangers non avisés des réalités du pays, Haïti n'a produit que des tontons macoutes, des cannibales, des boat people et, aujourd'hui, des chimères. Évidemment face à ces constats peu élogieux et dégradants, les intellectuels et les élites haïtiens crient au racisme, à la xénophobie et au mépris. Mais qu'ont-ils fait concrètement pour renverser ces images dégradantes ? Comme toutes excuses, ils sortent les même rengaines : séquelles de l'esclavage, la dette de l'indépendance, l'impérialisme européen, l'impérialisme américain, le néolibéralisme, etc. Mais ils semblent ignorer cette leçon, pour répéter avec Axelle Kabou, que « tout peuple est, en première et en dernière analyse, responsable de l'intégralité de son histoire, sans exclusive. »

En ce début du XXIième siècle, l'heure n'est plus aux prétextes et à la bouc-émissairisation, mais à l'action. Comme toute action découle indubitablement de la pensée, il nous faut des penseurs et des intellectuels pour façonner l'avenir de ce pays qui ne cesse d'être la risée du monde. Dans le début des années 1990, Claude Moïse et Émile Ollivier ont co-signé un ouvrage intitulé « Repenser Haïti ». À part quelques éclaircissements sur certains événements qui ont marqué la dictature de François Duvalier, l'ouvrage en question n'a apporté rien de neuf dans l'histoire des idées en Haïti. D'ailleurs, auraient-ils pu faire autrement ? On ne peut pas repenser quelque chose qui n'a jamais été pensé. On n'a jamais rien pensé, ni même d'ailleurs planifié pour ce pays. En tout cas, pas par les élites haïtiennes. En ce sens, les Haïtiens sont probablement parmi les seuls individus au monde à croire que leur développement et leur bien-être peuvent être pris en charge par d'autres personnes que par eux-mêmes. Ils devraient se réveiller et se rendre à l'évidence que le monde ne fonctionne pas de cette manière. Loin de là. C'est l'ère du vide. On serait tenté d'affirmer, pour pasticher Alain Finkielkraut, que c'est réellement la défaite de la pensée en Haïti.

Traditionnellement, les intellectuels haïtiens se contentent souvent d'appuyer politiquement les régimes corrompus et sanguinaires, les auréolant ainsi de leur prestige académique et professionnel. Ils ne se rendent pas toujours compte qu'ils se font utiliser par des politiciens allergiques à toute forme de pensée critique et constructive. Ainsi, on a vu des intellectuels de premier plan appuyer la dictature des Duvalier et le régime fasciste d'Aristide. Dans ce cas, on ne peut nullement s'étonner de leurs analyses erronées et souvent tendancieuses des réalités du pays. Ces derniers temps, on a même entendu certains d'entre eux (parmi ceux vivant au Canada) cautionner politiquement cette vague de violence qui déferle sur Port-au-Prince en affirmant sans vergogne qu'il s'agit d'une révolte de classes entre une majorité de pauvres contre une minorité de nantis. Sans vouloir polémiquer, il n'est peut-être pas superflu de rappeler que ces messieurs ont été des idéologues et même des ministres d'Aristide, qu'ils sont, de ce fait, partie intégrante de la débâcle du pays et, donc, voués, comme leur chef, aux poubelles de l'Histoire. De toute façon, on sait depuis Alexis de Tocqueville, « qu'une idée simple mais fausse est plus facile à répandre qu'une idée vraie mais complexe. »

L'aile libérale de ce qu'on pourrait considérer (faute de mieux) comme étant la bourgeoisie haïtienne a introduit depuis quelque temps dans le paysage du pays l'idée d'un nouveau contrat social. Là encore, il s'agit d'un concept vide, d'un fourre-tout. Ce n'est pas que l'idée soit mauvaise en soi. C'est qu'elle n'est pas explorée. On ne retrouve pas dans cette idée de nouveau contrat social des réflexions approfondies sur les institutions politiques, sur les organismes de contrôle, sur l'aménagement du territoire, sur les grands problèmes de santé publique, sur les graves problèmes environnementaux qui menacent le pays, sur la place d'Haïti dans la mondialisation et, bien entendu, rien sur la problématique des bidonvilles. Bref, on n'y retrouve aucun projet de société fiable et viable pour l'avenir de la nation.

L'avenir ?

L'avenir de ce pays dépend d'un changement radical de paradigme. Il incombe à la jeunesse de penser et de façonner la société dans laquelle elle souhaite évoluer. Ces hommes et ces femmes qui ont entre 20 et 45 ans aujourd'hui et qui sont étudiants, qui sont dans l'enseignement (secondaire et universitaire), qui sont dans le journalisme, dans l'édition et dans les centres de recherche doivent prendre leur destinée en main en disant haut, fort et de manière cohérente ce qu'ils veulent. Cette jeunesse doit aussi dire non avec conviction à certains maux qui rongent la société. En ce sens, la lutte contre l'impunité doit être un de leurs principaux chevaux de bataille. Ceux et celles qui ont commis des crimes de sang et économiques sous les Duvalier et Aristide qui courent en toute quiétude nos rues ou, encore, qui vivent paisiblement en Europe et en Amérique du Nord doivent savoir, contrairement à ce qu'ils pourraient penser, que leur passé les poursuivra toujours. Ils doivent savoir que le crime (quelle que soit sa catégorie) ne paie pas et que les décisions judiciaires peuvent être rétroactives. Car, il serait trop facile de tuer et de dilapider des fonds publics et penser s'en sortir aussi facilement. En regard de l'économie et du social, les jeunes doivent avoir une approche progressiste du développement. Il faut qu'ils soient tout simplement des patriotes du développement, ce qui nécessiterait une vision à long terme de la société. De la façon dont la situation se présente actuellement, il serait maladroit et même suicidaire d'espérer quoique ce soit de la part de nos aînés ou de nos intellectuels. Ces derniers sont manifestement fatigués, déphasés et même dépassés par leur mission historique. L'avenir d'Haïti dépend aussi d'une véritable bourgeoisie nationale, dans le sens, bien entendu, où l'entendait l'économiste marxiste haïtien, Alix Lamaute. Autrement dit, une bourgeoisie qui saurait que sa sécurité, sa survie et son prestige dépendent du bien-être généralisé de la population.

S'il y a quelque chose de positif qui peut sortir de ce chaos que l'on connaît actuellement, c'est qu'il y a dorénavant urgence de réfléchir et de penser sérieusement à l'avenir du pays. La misère et la violence ne sont pas des fatalités pour nous. Après deux cents ans d'indépendance, après des décennies de dictature et de violence politiques, l'heure a sonné de finalement penser ce pays et de dénoncer sans équivoque l'insoutenable légèreté historique de nos intellectuels et de nos élites.

Guy-Robert Saint-Cyr,
Courriel : saintcyr24@yahoo.fr




Publié par kwak à 17:26:20 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

ACTE | 12 août 2005


vendredi 12 février.
Il faut le savoir...le manque de bière conjugué à la violence intrinsèque de cette ville vous fait commettre certaines imprudences. La rue vous conseille de rester chez vous. Les voyous l'occupent, elle le sait, elle se préoccupe de votre sécurité, elle vous déconseille toute activité, comme si le monde en rue faisait fuir la sécurité plutôt que de la faire surgir de nulle part, cette chère Dame à laquelle tous aspirent, "Cloîtrez-vous" dit-elle,"vous courrez moins de danger". A vérifier, le geste de sortir de chez soi en ce pays peut vous coûter la vie sans même que vous ne vous en rendiez compte. Le matériel roulant étant ce qu'il est, et l'histoire du pot catalytique restant à inventer, le pari de ne pas mourir d'un cancer des poumons bien senti ou renversé par un camion Mack est audacieux, réalisable mais audacieux. Sans compter les balles perdues, les balles pas perdues, les non-assistances à peuple en danger, les occupants qui n'occupent que les salons des beaux quartiers (mais jamais après 20h), les gens qui attendent la providence (comme si...), le trafic de drogue et ses regrettables corollaires, l'absence d'état, le néant de tout, la "glorieuse" histoire et la vanité qu'on en tire, les évasions collectives du pénitencier national, la police, bref les menus dangers de ce pays... "Cloîtrez-vous. J'en tirerai toujours quelque chose.".
Prenons Josué, père de famille modèle, ex-policier pas payé reconverti dans l'assistance parentale. Il est dans la maison de son petit ménage avec ses amis, Prestige manque au frigo. Il sort pour se réapprovisionner et se fait renverser par une voiture. Quelqu'un le ramasse, l'accompagne à un dispensaire, nous allons l'y chercher, nous sa seconde famille , paniqués, pour l'emmener dans un hôpital dit convenable. Renversé par une voiture, ici c'est la peine de mort plus facilement qu'ailleurs. "Cloîtrez-vous. J'en tirerai tours quelque chose".
La "Clinique de la santé", située Ruelle Nazon, possède une salle d'opération fonctionnelle pour évaluer l'état général de notre ami et de ses fractures diverses. De surcroît, il y possède une "assurance". Le quartier est réputé dangereux, situé en pleine zone "chimère", les rats se battent dans les carcasses des voitures incendiées, les gamins y étudient leurs leçons aux abords des lampes publiques, les fusils mitrailleurs "Galil" aboient face aux "Fals" qui grognent, un groupe de reggae répète ses accords mineurs et désaccords majeurs, les hommes vigoureux suent la trouille et la bière, on parle bas, nous y arrivons, il est 0h30, Josué souffre. L'infirmière de garde nous ouvre les portes. Nous invite à ne pas traîner en rue. "Cloîtrez-vous". Nous portons le blessé vaille que vaille à l'intérieur.



Philippe Coicou

Publié par kwak à 19:12:46 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

VISITE DE ADOLFO PEREZ ESQUIVEL EN HAÏTI | 09 avril 2005



Le prix Nobel de la Paix se prononce contre l'occupation de la République d'Haïti par des forces étrangères après une mission d'investigation à la tête d'une délégation d'une vingtaine des mouvements sociaux des A.C.P. A.P. Esquivel salue "la profonde lutte du peuple haïtien" depuis plus de 200 ans.

Publié par kwak à 17:28:40 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

LE RHUM | 06 avril 2005

Publié par kwak à 19:48:04 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

LE CANDIDAT | 22 mars 2005




Route du Canapé Vert. Pétion-Ville . Haïti. 2005

Photo : Philippe Coicou


Mon cher Papa,
ton attrait naturel pour la chose politique t'aurait poussé à te présenter à ces élections promises pour le mois de novembre de cette année, conformément à une promesse faite à une personne de bien.
Si tu étais encore parmi nous, tu verrais ce que nous constatons tous à regret : l'inexorable agonie de ce pays que tu chérissais comme tu l'aimons tous : désepérément...
Il nous faut espérer pourtant, car notre vote, primordial comme jamais, induira ce changement que nous appelons tous de nos voeux. Tu le sais, toi, démocrate dans l'âme, républicain convaicu, qui nous scrute de ta résidence éternelle.
Tu mentionnerais d'abord et avant tout que tu souhaites amender la Constitution sachant que ton programme exige de la relire pour être mis d'application. "Il faut se donner les moyens de ses ambitions" disais-tu toujours...Tu expliquerais aux gens avec ton éloquence et ta pédagogie coutumières le besoin impératif de plus d'Etat. Tu expliquerais à tes contradicteurs politiques qu'ils ne sont pas des ennemis, ni une menace, mais des adversaires avec lesquels tu souhaites débattre de manière démocratique, sans haine, avec passion, avec respect, dans le cadre du Parlement. Tu leur expliquerais que tu souhaites obtenir un temps de législature suffisament long. Pour te permettre de mener quelques dossiers prioritaires entre tous à terme. Qui permette au Parlement une évaluation objective du travail accompli en fin d'exercice.Tu aurais l'humilité de dire que ta connaissance du pays est partielle au vu des tes 34 années passées en Europe et tu t'entourerais de personnes au fait de toutes les réalités haïtiennes.
Tu mènerais campagne pour le rétablissement de l'autorité de l'état, le renforcement de ses 3 piliers constitutifs que sont le Législatif, l'Exécutif et le Judiciaire. Tu te battrais sur le front de l'insécurité, plaie ouverte de notre moral national; contre la perpétuelle impunité accordée de facto aux auteurs des nombreux crimes et délits ; l'annihilation (progressive, mais faudra y penser, par un jour de beau temps) de la corruption. Pour la création d'une nouvelle armée nationale, représentative, au service de la Population. Avec la Population. Tu promotionnerais un enseignement de qualité donnant à nos jeunes un accès à la connaissance, à l'esprit critique (tes idées sur l'enseignement étaient ce qui m'a éduqué, une réussite, à 2 ou 3 diplômes près); la création de zones de reboisement étroitement surveillées; tu plaiderais l'urgence auprès des organisations internationales pour les grands travaux d'infrastructure et la formation de la Police, tu ferais une cour intensive à cette belle femme que sont les investisseurs étrangers; dans le désordre. Sans oublier la promotion de notre culture à l'extérieur, le changement de mentalités, la participation citoyenne, etc.
Tu mettrais en place quelque chose comme une "Technocratie Eclairée". Nationaliste à certains égards, et ouverte sur le monde. Légaliste et intègre. A poigne, car il en faut en cette époque troublée.
Tu aurais le style de Hugo Chavez en civil, la foi en la Nation de Massillon, la langue d'Olivier Tardieu et "King-King", de jolies lunettes et une crinière blanche de sagesse, le charisme de Gandhi et le Black Caucus derrière toi entre autres qualités.
Mon cher Papa, avec un programme et une attitude tels, c'est sûr, je voterais pour toi.

Philippe Coicou.

Publié par kwak à 16:35:34 dans HAÏTI | Commentaires (0) |

<< |1| 2| 3| >>